L'HISTOIRE
Chrystelle Claudinon - Une artiste instinctive, portée par la matière.
C’est au détour d’un petit stage d'arts plastiques que Chrystelle découvre la technique de céramique Japonaise, le RAKU. Cette pratique, empreinte de philosophie Zen, devient pendant une dizaine d’années son moyen d’expression principal. Elle crée des objets épurés essentiellement utilitaires – services à thé, plats à maki-sushi, vaisselle... – et également des pièces plus artistiques, des pièces uniques, brutes comme des vases, des luminaires, des sculptures...
Un jour, presque par jeu, elle façonne une bague cabochon. Ce petit geste, cette simple petite pièce marque un tournant. Le bijou s’impose à elle naturellement, comme une continuité dans l'évolution de son travail. Le chemin s'ouvre vers d'autres contrées artistiques. Elle laisse alors son four et son tour de potier, et s’immerge durant plus de quinze années dans l’univers du bijoux.
Curieuse et avide d’expérimentations, elle explore une multitude de matières : textile, cuir, résine, silicone, bois, corne, os, cristaux synthétiques, pierres naturelles, acier, cuivre, argent, or... Elle crée, cherche, teste, assemble, transforme... Ses collections sont distribuées dans une trentaine de points de vente, et elle ouvre quatre boutiques, chacune avec des styles bien différents. Elle pousse ses créations jusqu’à des lignes de joaillerie présentées à Los Angeles et Paris, notamment lors de la Fashion Week post-pandémie. Certaines de ses pièces sont publiées dans la presse féminine, British Vogue, Gala...
Mais tout au long de ces années, elle le sait au fond d’elle : un jour, elle reviendra à la céramique. La matière Terre.
Ce moment est venu. Aujourd’hui, elle marie l’art du bijou à la porcelaine, une matière noble, texture intemporelle, d'aspect délicat et pourtant d'une robustesse incomparable.
Après 25 années d’exploration, de défis techniques, de doutes et de passion, elle présente des lignes émergentes, épurées, affirmées, abouties.
Quand on lui demande quelle grande école d'Art elle a fréquenté, quelle formation en bijouterie, en céramique d'art elle a suivi, sa réponse est toujours la même :
« Aucune.
Les écoles apportent des techniques, oui, mais elles peuvent aussi parfois couper les ailes de l'imagination, l'inspiration... enfermant, cloisonnant, peuvent scléroser le processus créatif.
Seule face à la matière, on pousse ses limites. On expérimente, on cherche, on doute, on se trompe, on recommence... on ne compte pas les nuits blanches... parfois en intériorité intense, comme en introspection viscérale, instinctive... on descend au fond de ses tripes... pour en transmuter la Beauté. »